Dans la Manche, les chasseurs veulent retrouver progressivement leurs zones humides

Après un été particulièrement compliqué pour les zones humides du Cotentin, les chasseurs de gibier d’eau entrevoient enfin une éclaircie. La baisse attendue du niveau d’alerte sécheresse, associée au retour des précipitations automnales, pourrait permettre la reprise progressive du remplissage des mares de chasse. Mais le pompage devra être raisonné, organisé et validé secteur par secteur. La rencontre organisée avec le préfet de la Manche ouvre donc une perspective particulièrement intéressante à quelques jours du 1er octobre. Elle témoigne surtout de l’importance du dialogue engagé entre la Fédération départementale des chasseurs de la Manche, les représentants des sauvaginiers et les services de l’État.
La météo pourrait débloquer la situation
Depuis plusieurs semaines, la ressource en eau est au cœur des préoccupations dans le Cotentin. Le passage de la crise à l’alerte renforcée début septembre a constitué une première amélioration, sans pour autant faire disparaître les restrictions. La situation pourrait désormais évoluer de nouveau avec l’arrivée des pluies automnales. Si la baisse d’un niveau réglementaire se confirme dans les prochains jours, elle constituerait le préalable indispensable à la reprise des prélèvements destinés à alimenter les mares de gabion. Pour les chasseurs, l’enjeu est évidemment majeur. Une mare suffisamment en eau constitue le cœur même de la chasse au gibier d’eau et participe également au maintien d’une véritable mosaïque de zones humides. Mais l’objectif n’est pas de considérer la première pluie comme un permis général de pompage.
Un pompage raisonné, organisé par secteurs
C’est probablement le point essentiel à retenir des discussions engagées avec la préfecture car le retour à l’eau ne signifierait pas le retour à des prélèvements individuels et sans coordination. Le principe défendu par la FDC 50 repose au contraire sur un plan de gestion de la ressource, avec un remplissage progressif des mares, organisé par secteurs géographiques. Les pompages pourraient ainsi être réalisés par vagues afin d’éviter une sollicitation brutale des cours d’eau et des réseaux hydrauliques. Cette approche rejoint d’ailleurs les dispositifs déjà utilisés ailleurs en Normandie, où les autorisations de remplissage peuvent être associées à des calendriers de pompage et à des seuils hydrologiques précis. La responsabilité des chasseurs est donc directement engagée.
Attendre l’arrêté, puis agir collectivement
Un principe doit être rappelé avec force et tant que le nouvel arrêté préfectoral n’est pas publié, chacun doit rester dans le cadre réglementaire en vigueur. Le message transmis aux chasseurs de la Manche est particulièrement important sur ce point. Il ne s’agit pas d’allumer les pompes dès les premières pluies, mais d’attendre le feu vert officiel et les consignes des référents locaux. Lorsque le dispositif sera effectivement validé, ces référents auront un rôle central pour organiser les prélèvements et transmettre les informations nécessaires. Cette organisation est aussi une manière de démontrer que les chasseurs de gibier d’eau peuvent être des acteurs responsables de la gestion des zones humides. Après un été marqué par la sécheresse, le retour de l’eau serait évidemment une bonne nouvelle pour les chasseurs. Mais il serait surtout la concrétisation d’une méthode qui consiste à dialoguer, mesurer, gérer et prélever avec raison. Dans les marais du Cotentin, l’automne pourrait donc apporter bien davantage que quelques millimètres de pluie. Il pourrait permettre de remettre progressivement les mares en eau et, avec elles, de redonner vie à un territoire essentiel au gibier d’eau. Encore un peu de patience : cette fois, c’est l’arrêté préfectoral qui donnera le véritable top départ.

Source : https://www.chassons.com/actus/dans-la-manche-les-chasseurs-veulent-retrouver-progressivement-leurs-zones-humides/434150/

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