Il y a des inaugurations qui dépassent largement le simple ruban coupé. Celle organisée mercredi dernier au Domaine de Pachan, siège de la Fédération des chasseurs de la Gironde, en fait partie. Car derrière l’inauguration d’un nouvel observatoire, c’est une certaine conception du rôle d’une fédération de chasseurs qui s’est affichée en termes de gestion des territoires, bien sûr, mais aussi de découverte, d’explication de la biodiversité et de création de passerelles avec le grand public. Le choix de Pachan n’est évidemment pas anodin. La Fédération souhaite depuis plusieurs années faire de ce domaine un véritable lieu de découverte de la nature girondine. L’observatoire vient ainsi compléter un site déjà consacré à la connaissance et à la préservation des milieux naturels.
Un observatoire pour regarder, mais surtout pour comprendre
Un observatoire, par définition, invite à prendre le temps de regarder. Les oiseaux, les zones humides, les paysages, la faune qui évolue discrètement à quelques mètres des visiteurs… Mais l’intérêt d’un tel équipement réside surtout dans ce qu’il peut permettre d’expliquer. À Pachan, la Fédération travaille notamment sur les zones humides et la préservation des milieux. Des sorties nature organisées avec d’autres acteurs du territoire montrent déjà cette volonté d’ouvrir le site à un public qui dépasse largement celui des chasseurs. C’est probablement là que se trouve l’un des enjeux les plus intéressants de cette inauguration : montrer concrètement que la connaissance de la nature ne se résume pas à opposer ses acteurs.
La biodiversité comme terrain de dialogue
La soirée avait d’ailleurs quelque chose de symbolique. Partenaires politiques, financiers et techniques étaient réunis autour de la Fédération. Et la remise de la médaille fédérale à Bruno Lafon, président de la DFCI Nouvelle-Aquitaine, a rappelé une autre réalité du terrain, lors des grands incendies qui ont frappé la Gironde, chasseurs et acteurs de la défense des forêts ont travaillé côte à côte. Cette collaboration rappelle que, lorsqu’un territoire est confronté à une crise, les étiquettes passent souvent au second plan. Ceux qui connaissent le terrain deviennent des partenaires indispensables.
De la photographie à la transmission
La soirée a également donné une place particulière à l’image avec le concours photo 2026. Douze clichés de la nature girondine étaient exposés et quatre lauréats récompensés. Là encore, le symbole est intéressant. Photographier la nature, l’observer puis la montrer, c’est aussi une manière de transmettre. Et c’est peut-être finalement le fil rouge de cette soirée pour regarder autrement le territoire et mieux le faire connaître. Le baptême de la salle de réception au nom d’Henri Sabarot est venu ajouter une dimension plus institutionnelle à la soirée, en saluant l’engagement du président de la Fédération. À Pachan, les chasseurs n’ont donc pas seulement inauguré un observatoire. Ils ont posé une nouvelle fenêtre sur leur territoire. Reste maintenant à l’ouvrir largement, aux scolaires, aux familles, aux naturalistes, aux élus et, plus largement, à tous ceux qui souhaitent comprendre la nature girondine. Car parfois, pour mieux faire comprendre la chasse et ceux qui la pratiquent, il suffit peut-être simplement de commencer par montrer la nature qu’ils ont sous les yeux.
Crédit Photos FDC33