« La sécurité ne souffre aucune approximation » : le message fort du président de l’ANCGG pour l’ouverture de la chasse

Dans un message adressé aux chasseurs, le président de l’Association nationale des chasseurs de grand gibier (ANCGG), le Dr Matthieu Cousty, rappelle que la réussite d’une saison ne se mesurera pas uniquement au tableau de chasse. Elle se mesurera également à la capacité des chasseurs à être irréprochables dans leur comportement. L’ouverture générale du grand gibier est toujours un traditionnel mélange d’impatience, de préparation minutieuse et de retrouvailles qui accompagne les premières battues. Pour les chasseurs, c’est le retour sur le terrain, le plaisir de retrouver les territoires, les chiens, les amis et cette nature observée pendant des mois. Mais cette ouverture intervient aussi dans un contexte qui impose vigilance et responsabilité.
La sécurité reste la première des responsabilités
À chaque ouverture, le rappel peut sembler classique. Il n’en demeure pas moins essentiel. La chasse collective impose de connaître parfaitement les consignes, de respecter les angles de tir, d’identifier son gibier et de garder en permanence à l’esprit que derrière chaque mouvement dans la végétation peut se trouver un autre chasseur, un promeneur, un agriculteur ou un forestier. L’effervescence des premières journées ne doit donc jamais faire oublier l’essentiel : la sécurité ne souffre aucune approximation. Mais le message de l’ANCGG va plus loin. Il invite également les chasseurs à tenir compte de l’état des territoires. Après un été marqué par de fortes chaleurs et une sécheresse parfois importante, la prudence s’impose face au risque d’incendie. Les chasseurs, qui parcourent quotidiennement les espaces naturels, peuvent aussi jouer un rôle de sentinelles en signalant une situation préoccupante ou en adaptant leurs pratiques lorsque les conditions locales l’exigent. Cette connaissance du terrain constitue une responsabilité supplémentaire.
Observer le gibier avant de le prélever
L’autre message qui mérite également d’être souligné est celui d’une chasse capable de regarder avant d’agir. L’état physique des animaux, leur condition corporelle, la présence et la vitalité des jeunes de l’année sont autant d’informations que les chasseurs peuvent recueillir au fil de leurs sorties. Le chevreuil, notamment, peut avoir subi les conséquences d’un été particulièrement difficile dans certains secteurs. Ces observations ne doivent évidemment pas être transformées en impressions générales à partir de quelques animaux aperçus. Mais mises en commun avec celles des autres chasseurs et des structures de gestion, elles constituent une véritable connaissance de terrain. C’est aussi cela, être gestionnaire, ne pas seulement compter les animaux prélevés, mais regarder ceux qui sont présents, leur état et l’évolution de leur environnement. Cette approche rappelle que la chasse au grand gibier ne se résume pas à une succession de journées de battue. Elle s’inscrit dans une gestion collective des populations et des territoires, avec des décisions qui doivent rester adaptées aux réalités locales.
Quand la tension monte, le sang-froid devient une force
C’est sans doute l’un des passages les plus intéressants du message de l’ANCGG. Dans un contexte où les chasseurs peuvent être confrontés à des critiques, à des provocations ou parfois à des actes d’entrave, Matthieu Cousty appelle clairement à ne pas répondre à l’agressivité par l’agressivité. Le conseil est simple, il faut absolument garder son calme et privilégier les voies légales. Cela ne signifie évidemment pas accepter sans réaction les actes malveillants. Des installations détruites, du matériel vandalisé, un local incendié ou des menaces doivent être signalés et, lorsque les circonstances l’exigent, faire l’objet d’un signalement ou de plaintes pénales, auprès des autorités compétentes. Mais entre le laisser-faire et l’affrontement, il existe une troisième voie qui est celle de la maîtrise de soi. Cette attitude est d’autant plus importante que chaque incident peut rapidement dépasser le cadre dans lequel il s’est produit. Une réaction individuelle peut être filmée, diffusée, commentée et finir par devenir, à tort ou à raison, une illustration donnée de toute une communauté. L’ouverture du grand gibier est donc un moment de plaisir, mais aussi un moment où les chasseurs seront particulièrement observés. Leur comportement collectif contribuera forcément à l’image de leur pratique. Alors oui, il faudra être vigilant sur la sécurité. Oui, il faudra être attentif au gibier et aux conditions du milieu. Oui, il faudra respecter les autres usagers de la nature et les acteurs de la ruralité. Mais il faudra aussi surtout savoir rester serein. Car dans une saison de chasse, le sang-froid n’est pas une faiblesse. C’est peut-être l’une des meilleures démonstrations de responsabilité.

Source : https://www.chassons.com/actus/la-securite-ne-souffre-aucune-approximation-le-message-fort-du-president-de-lancgg-pour-louverture-de-la-chasse/434056/

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