Alors que la sécheresse continue de marquer de nombreux territoires, les zones humides qui conservent encore suffisamment d’eau prennent une importance particulière pour les oiseaux migrateurs. En Haute-Loire, la Fédération départementale des chasseurs vient ainsi de réaliser une opération de capture et de baguage d’une trentaine de bécassines des marais. Une présence qui témoigne, à cette période de l’année, de l’utilisation bien réelle des zones humides du département par les migrateurs.
Une trentaine de bécassines capturées et baguées
Arrivées dès le mois d’août pour certaines d’entre elles, les bécassines des marais font l’objet d’un suivi régulier dans le cadre du Réseau Bécassines. Malgré les conditions particulièrement sèches de cette année, certains marais de Haute-Loire restent suffisamment favorables pour accueillir ces petits limicoles. Les opérations de capture permettent de poser une bague sur chaque oiseau avant sa remise en liberté. L’objectif n’est évidemment pas simplement de comptabiliser les oiseaux présents à un instant donné. Chaque individu identifié peut potentiellement apporter de nouvelles informations s’il est recapturé ou retrouvé ultérieurement. La Haute-Loire participe depuis plusieurs années à ce travail. Les opérations réalisées par les bagueurs de la Fédération s’intègrent dans un programme national qui concerne à la fois la bécassine des marais et la bécassine sourde.
Des données pour comprendre les déplacements
Piloté par l’Office français de la biodiversité, le Réseau Bécassines associe notamment la Fédération Nationale des Chasseurs, les fédérations départementales et le Club International des Chasseurs de Bécassines. Son intérêt repose sur l’accumulation des observations et des captures réalisées sur le terrain. Les bagues permettent notamment de mieux connaître les déplacements des oiseaux, leur fidélité éventuelle à certains sites, leur chronologie migratoire et, plus largement, certains paramètres démographiques. En France, plusieurs milliers de bécassines sont ainsi capturées et baguées au cours des différentes saisons. Pris individuellement, le baguage d’un oiseau apporte une information limitée. Mais lorsque les données sont mises en commun sur plusieurs années et à l’échelle nationale, elles permettent de construire une connaissance beaucoup plus précise des populations suivies. C’est tout l’intérêt de ce type de réseau :qui est de transformer une multitude d’observations locales en données utilisables pour comprendre les évolutions et les déplacements des oiseaux migrateurs.
Les zones humides au cœur du suivi
L’opération menée en Haute-Loire prend une résonance particulière dans le contexte météorologique actuel. La sécheresse ne signifie pas l’absence de migrateurs, mais elle peut réduire le nombre de sites susceptibles de les accueillir dans de bonnes conditions. Pour une bécassine, la présence d’un secteur humide offrant suffisamment de nourriture et des conditions favorables peut donc devenir déterminante au cours de la migration. Les captures réalisées par les bagueurs permettent justement de documenter cette utilisation des territoires. Au-delà du seul nombre d’oiseaux capturés, ces opérations rappellent aussi l’importance du suivi de terrain. Chasseurs, fédérations et organismes scientifiques travaillent depuis des années à recueillir des données sur les espèces migratrices. Une démarche qui permet de sortir des impressions ponctuelles et de disposer, année après année, d’informations objectives sur les oiseaux qui fréquentent nos territoires. En Haute-Loire, une trentaine de bécassines des marais viennent ainsi de rejoindre cette longue chaîne de données. Une petite opération à l’échelle d’un département, mais une nouvelle contribution à un programme national qui permet de mieux comprendre la migration de ces oiseaux et l’importance des zones humides qui les accueillent.