Dix cerfs et sangliers abattus illégalement en Meuse : un braconnage odieux

La découverte est particulièrement choquante. Dans la plaine du Bourbeau, près de Grimaucourt-en-Woëvre, en Meuse, les agents de l’Office français de la biodiversité ont retrouvé une dizaine de cerfs, biches et sangliers morts, sur quelques dizaines de mètres. Les faits se seraient produits dans la nuit de vendredi à samedi et présentent, selon les premiers éléments communiqués, toutes les caractéristiques d’un acte de braconnage.
Une condamnation sans ambiguïté
L’affaire est suffisamment grave pour que la Fédération des chasseurs de la Meuse annonce son intention de se porter partie civile. Elle condamne fermement des actes qui, si les investigations viennent confirmer les premières constatations, n’ont évidemment rien à voir avec la pratique de la chasse telle qu’elle est organisée et encadrée. Car il existe une différence fondamentale entre un prélèvement réalisé dans le cadre d’un plan de chasse ou d’une autorisation préfectorale et un animal abattu clandestinement. Dans le premier cas, le prélèvement s’inscrit dans une gestion collective où il est autorisé, comptabilisé et contrôlé. Dans le second, il échappe précisément à tous ces dispositifs. Cette distinction mérite d’être rappelée, alors que la question du grand gibier est particulièrement sensible en Meuse.
Des dégâts agricoles bien réels
Le département connaît depuis plusieurs années une situation difficile concernant les dégâts de grand gibier. Des milliers d’hectares de cultures peuvent être concernés et les indemnisations représentent plusieurs millions d’euros. L’État a donc renforcé les possibilités de régulation et mis en place différents dispositifs destinés à réduire la pression exercée sur les exploitations agricoles. Tirs de protection, chasse à l’affût ou à l’approche, battues, clôtures et autres mesures de régulation sont les outils qui existent et les chasseurs sont mobilisés. La Fédération rappelle d’ailleurs que cette action est menée en concertation avec le monde agricole. C’est précisément pour cette raison qu’il serait particulièrement dangereux de présenter le braconnage comme une quelconque réponse aux dégâts agricoles. Rien ne permet, à ce stade, d’affirmer que les auteurs des tirs de Grimaucourt-en-Woëvre auraient agi pour cette raison. L’enquête de l’OFB et des forces de l’ordre devra déterminer les circonstances exactes et les motivations éventuelles. Mais le contexte meusien montre que lorsqu’une population de grand gibier doit être réduite, cela peut être fait dans un cadre légal, avec des objectifs et des responsabilités clairement établis.
La régulation ne peut pas devenir une chasse sans règles
Le sujet est finalement beaucoup plus large que cette macabre découverte. Les chasseurs sont les premiers à avoir intérêt à ce que la régulation du grand gibier soit efficace et crédible. Ils sont également les premiers à subir les conséquences des comportements qui viennent brouiller la frontière entre chasse et braconnage. Un cerf ou un sanglier prélevé légalement participe à une gestion connue. Un animal tué clandestinement ne répond à aucun objectif de gestion et ne peut être intégré aux données de prélèvement. Il ne permet donc ni de mesurer correctement la pression exercée sur les populations ni d’adapter les plans de chasse. Dans une période où les chasseurs sont régulièrement appelés à démontrer leur capacité à gérer durablement la faune sauvage, le braconnage constitue donc une véritable trahison de cette responsabilité. Les dégâts agricoles sont une réalité. La nécessité de réguler certaines populations de grand gibier l’est également. Mais précisément parce que ces questions sont sérieuses, elles ne peuvent être réglées par des tirs clandestins. En Meuse comme ailleurs, la régulation doit rester une affaire de gestion, pas de règlement de comptes avec la faune sauvage.

Source : https://www.chassons.com/actus/dix-cerfs-et-sangliers-abattus-illegalement-en-meuse-un-braconnage-odieux/434167/

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